Une journée avec Rima Abdul-Malak, de la Culture à la poésie
À droite, Rima Abdul-Malak
Samedi 3 octobre, les Bibliothèques Idéales battent leur plein à Strasbourg. Ce rendez-vous désormais incontournable de la rentrée culturelle strasbourgeoise fait dialoguer pendant plusieurs semaines littérature, musique et idées.
À partir de 16h, dans l’église Saint-Guillaume, Rima Abdul-Malak dialogue avec Catherine Trautmann, maire de Strasbourg. Elles abordent la place que la culture doit continuer à occuper dans notre société, mais aussi la question de l’exercice du pouvoir.
Comme beaucoup de Français, je connaissais Rima Abdul-Malak pour avoir été ministre de la Culture de 2022 à 2024. Alors jusque-là, rien de très étonnant par rapport au sujet de la rencontre.
Les Bibliothèques Idéales
À gauche Rima Abdul-Malak et au centre Catherine Trautmann
Deux heures plus tard, je la retrouve au même endroit pour une projection consacrée au Sud-Liban. Un reportage réalisé par ARTE et L’Orient-Le Jour. Et là, je découvre une autre facette de son parcours. Depuis novembre 2025, Rima Abdul-Malak est directrice exécutive du groupe L’Orient-Le Jour, le seul quotidien libanais de langue française.
À 20h je découvre encore une autre Rima. Elle a troqué sa veste de tailleur contre une chemise soyeuse bleue. À ses oreilles, des boucles argentées reflètent la lumière et l’éclairage de l’église Saint-Guillaume. Cette fois, place à la poésie, pas de politique culturelle ni de direction de média. Rima Abdul-Malak s’apprête à accueillir ses poètes et poétesses coups de cœur : Roja Chamankar, poétesse iranienne, Hala Mohammad, poétesse syrienne, Karim Kattan, écrivain, poète et essayiste franco-palestinien, et Hyam Yared, romancière et poétesse libanaise. Marie Sigal les accompagne au piano.
Et je la regarde changer de rôle encore une fois. Telle une cheffe d’équipe, elle les présente un à un avec un sourire bienveillant. Elle rassure d’un regard, écoute, accompagne. Lorsque les poèmes sont dits en arabe ou en persan, elle en lit les versions françaises.
J’apprends alors qu’elle a créé le Rima Poésie Club. Le projet est né en décembre 2023, lorsqu’elle était encore ministre de la Culture, avec l’envie de faire découvrir des poètes contemporains et de leur offrir une scène.
Ce soir-là, elle raconte aussi d’où lui vient ce lien avec la poésie : de ses souvenirs d’enfance au Liban et des poèmes de son oncle, qu’elle écoutait lorsqu’elle avait dix ans.
Rima Abdul-Malak a écrit la préface du livre Iraniennes 155 poétesses de notre temps, aux éditions Bruno Doucey
En fin de soirée, elle lit un poème qu’elle a elle-même écrit. Et c’est à cet instant probablement que les trois Rima rencontrées au cours de cette journée finissent par se rejoindre : l’ancienne ministre de la Culture, la directrice d’un média et la passionnée de poésie.
Le Rima Poésie Club nous montre ce que peut être un projet en parallèle : une passion qui trouve un nouvel espace, des souvenirs d’enfance qui refont surface, une envie personnelle à laquelle on décide enfin de donner vie. Un projet qui ne remplace pas le reste, mais vient l’enrichir.