Derrière la dirigeante, une romancière

Christiane Bertoncini, dirigeante et romancière
 

Lorsque j'ai rencontré Christiane Bertoncini pour la première fois, elle dirigeait Maison Thiriet. La réunion était dense, stratégique et exigeante. Ce qui m'avait frappée n'était pas uniquement sa capacité à conduire les échanges, mais aussi son regard. Une manière d'observer qui donnait le sentiment que rien ne lui échappait. 

Ce n'est que quelques mois plus tard que j'ai découvert qu'en parallèle de ses responsabilités de dirigeante, Christiane Bertoncini avait publié un roman : Les couleurs de la liberté. Aujourd'hui encore, son profil LinkedIn mentionne discrètement : « Autrice-romancière ». 

En parcourant ses publications, on comprend que son écriture ne vit pas en marge de sa carrière. Elle irrigue sa manière de regarder le monde.

Ses textes parlent d'une paire de mains, d'une semeuse, d'une chanson de Benjamin Biolay ou d'un artisan au travail. Derrière ces images se dessinent des réflexions sur la patience, la transmission, le courage et la responsabilité

Cette sensibilité donne une profondeur particulière à sa manière de parler du leadership.

 

Quand la littérature nourrit la stratégie

Son parcours professionnel est remarquable. Plus de trente années de responsabilités de direction, notamment au sein de Système U et de Maison Thiriet.

Ce qui retient l'attention est la façon dont elle raconte ces expériences. Lorsqu'elle évoque le leadership, la transformation ou les défis auxquels une organisation est confrontée, elle ne parle pas uniquement de stratégie ou de performance. Elle parle d'audace, de vision, de transmission et du courage d'assumer une conviction, même lorsqu'elle bouscule les certitudes.

Sous sa plume, les enjeux de l'entreprise deviennent avant tout des histoires humaines. Son regard de romancière semble ainsi donner une autre profondeur à son regard de dirigeante.

 

Penser les organisations comme des récits

Une phrase de son profil LinkedIn résume parfaitement cette rencontre entre deux univers : « Penser les organisations comme des récits stratégiques : vision, sens, cohérence, incarnation du leadership ».

Cette formule m'a particulièrement interpellée. Un récit donne une direction, rassemble et crée du sens. Au fond, un dirigeant ne construit pas seulement une stratégie. Il construit aussi une histoire dans laquelle des femmes et des hommes acceptent de s'engager.

 

L'Italie, les mots et la transmission

Les origines italiennes de Christiane Bertoncini affleurent régulièrement dans ses publications. Une chanson, les ruelles d'Italie, la famille ou le goût de la transmission reviennent en filigrane. Sans jamais être mises au premier plan, ces références dessinent une sensibilité où la culture, les émotions et les histoires occupent une place naturelle.

Cette richesse semble nourrir autant ses textes que sa manière de regarder les organisations.

 

Le parcours professionnel ne suffit pas à définir une personne

Chez /en parallèle/, nous aimons raconter ces parcours qui rappellent qu'une carrière ne résume jamais une personne. La rencontre avec Christiane Bertoncini m'a rappelé qu'un projet parallèle ne se mesure pas seulement au temps qu'on lui consacre. Il peut enrichir un regard, une façon de penser, de raconter et même de diriger. 

Loubna Tazi

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