À la Cour européenne des droits de l'homme, et en parallèle, un projet d’arts martiaux !
Ioulia Iankova
Il y a deux ans, rien ne prédestinait Ioulia Iankova à se lancer dans l'entrepreneuriat.
Salariée depuis 25 ans à la Cour européenne des droits de l'homme, mère de trois enfants âgés de 13 à 21 ans, elle mène une vie bien remplie. Comme beaucoup, elle jongle entre son activité professionnelle, sa vie de famille et ses engagements du quotidien.
Puis une nouvelle passion est entrée dans sa vie : les arts martiaux.
Au départ, elle pratique une à deux fois par semaine. Mais rapidement, une frustration apparaît. En dehors de cours et lors de ses déplacements, il lui est difficile de trouver des partenaires d'entraînement ou de rejoindre facilement une communauté martiale locale.
Plutôt que d'accepter cette difficulté comme une fatalité, elle commence à imaginer une solution. Cette solution s'appelle aujourd'hui Chisparo.
Quand une passion devient un projet
L'idée est simple : permettre aux pratiquants d'arts martiaux de se rencontrer, de s'entraîner ensemble et de créer des liens, où qu'ils se trouvent.
Pour Ioulia, cette aventure représente une première. Jusqu'ici, elle a toujours été salariée. Elle découvre l'univers de l'entrepreneuriat, du développement d'application, de la communication digitale et de la création de communauté.
Et comme beaucoup de projets en parallèle, tout a commencé par une conversation.
Une discussion avec la bonne personne la met sur la piste de premiers contacts. Puis viennent d'autres rencontres, d'autres recommandations, d'autres experts. Petit à petit, un réseau se crée autour du projet.
Une organisation construite autour de la passion
Comment trouver du temps lorsqu'on travaille à plein temps et que l'on a trois enfants ?
La réponse de Ioulia tient en quelques mots : en faisant de la place à ce qui compte.
Ses journées professionnelles se terminent généralement vers 17 heures. À partir de ce moment-là, une autre journée commence.
Les soirées, les week-ends, une partie de ses congés sont investis dans le développement de Chisparo.
Récemment, elle participait aux 24 Heures du Samouraï à Paris pour élargir ses connaissances martiales, mais surtout pour rencontrer des pratiquants et mieux comprendre les besoins de la communauté qu'elle souhaite réunir.
Pourtant, lorsqu'elle parle de son projet, le mot "travail" semble absent de son vocabulaire.
Ses yeux s'illuminent lorsqu'elle évoque les rencontres, les idées ou les prochaines étapes.
“ Dans les arts martiaux comme dans les sports de combat, la progression naît du contact. Mais hors des clubs et des stages, il est souvent difficile de trouver la bonne personne. Celle qui vous ferait avancer. ”
CHISPARO est une plateforme web gratuite, conçue pour favoriser les bonnes connexions : entre disciplines, entre niveaux, entre objectifs.
Un projet qui enrichit aussi son activité professionnelle
Avant de se lancer, Ioulia s'est assurée que son projet était compatible avec son activité à la Cour européenne des droits de l'homme.
Rapidement, elle réalise même un effet inattendu. Les compétences qu'elle développe grâce à Chisparo nourrissent également son quotidien professionnel.
Communication, webdesign, outils numériques, gestion de projet, travail avec des prestataires : autant de connaissances qu'elle réinvestit dans son activité principale. Ses collègues le lui font d'ailleurs remarquer.
Ce projet n'entre pas en concurrence avec son métier. Il lui permet au contraire d'acquérir de nouvelles compétences, de trouver un équilibre et d'élargir son regard.
Ne pas avancer seule
S'il y a une conviction que Ioulia partage volontiers, c'est celle-ci : l'accompagnement fait gagner un temps précieux.
Derrière Chisparo, il y a une idée. Mais il y a aussi toutes les personnes qui l'ont aidée à transformer cette idée en projet. Dans un univers où il est facile de se sentir seul face à un nouveau projet, elle insiste sur l'importance de s'entourer.
Parce qu'avoir une idée est une chose. Savoir par où commencer et comment avancer en est une autre !
Oser faire une place à ses passions
Créer un projet en parallèle ne signifie pas forcément quitter son emploi ou bouleverser sa vie du jour au lendemain.
Pour Ioulia, il s'agit avant tout de construire quelque chose qui a du sens, à son rythme.
Son expérience rappelle qu'une passion peut parfois devenir bien plus qu'un loisir. Elle peut être un terrain d'apprentissage, une source d'énergie, et un moyen de rencontrer de nouvelles personnes.
Et parfois même le point de départ d'une aventure entrepreneuriale !
C'est d'ailleurs la lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir qui a agi comme un véritable déclic. À travers cet ouvrage, Ioulia a pris conscience de l'importance de tracer son propre chemin et de donner une place concrète à ses aspirations. Cette réflexion l'a encouragée à ne plus remettre son idée à plus tard et à se lancer dans la création de son propre projet.
Nous suivrons avec intérêt l’avancement du projet de Ioulia. Nous avons hâte de découvrir sa plateforme !